Aide à domicile, un métier « varié, humain et gratifiant », « utile aux personnes et à la société »

Leur avez-vous déjà demandé de parler de leur métier ?

Nous donnons la parole à des aides à domicile de services membres du RPDAD pour qu’elles témoignent sur leur métier. Une manière de bousculer une image trop souvent négative d’un métier qui a du sens !

Espérance Rodriguez est aide à domicile depuis bientôt 23 ans au CCAS de Salles, Magalie Lafage, à celui d’Audenge depuis 4 ans. Arrivées « par hasard » à cette fonction, issues pour la première du milieu du commerce et pour la seconde de l’hôtellerie, elles sont aujourd’hui heureuses et fières de pratiquer ce métier si peu et surtout mal connu.
Autour de quelques questions, elles nous permettent de porter un regard de vérité sur leur quotidien professionnel.

< Comment décririez-vous votre métier ?
Espérance Rodriguez : « Notre métier permet avant tout à des personnes de rester à leur domicile. On leur apporte du réconfort, on les sort de l’isolement, on les aide aussi dans les tâches qu’elles ne peuvent plus faire. »
Magalie Lafage : « C’est un métier utile. Nous aidons et accompagnons les personnes dans des activités très variées : promenade, courses, entretien de la maison… J’ai le sentiment de me rendre utile et je trouve cela très important. »

< Parlez-nous de vos conditions de travail, qu’est-ce qui a évolué ces dernières années ?
ER : « J’ai vu au fil du temps le cahier des charges des interventions évoluer. Aujourd’hui la partie ménage correspond à des tâches légères, de simple contribution à l’entretien.
Ce qui a énormément évolué c’est le lien entre les différents intervenants. Il y a désormais une véritable cohésion entre nous et les intervenants médicaux. On peut réellement parler d’un travail d’équipe pour le bien de la personne, à son domicile.
On interagit et on communique aussi beaucoup entre collègues. Les aides à domicile qui commencent cet emploi interviennent avec une plus expérimentée en doublon, à ses côtés. Et à tout moment nous pouvons solliciter un doublon pour une intervention chez une personne que l’on ne connaît pas par exemple. »
ML : « Il y a aujourd’hui un respect profond et beaucoup d’écoute, des intervenants et des personnes accompagnées. La notion de service public est très présente et importante. Quand j’ai connu le métier il y avait beaucoup plus de ménage dans les activités à réaliser. Maintenant c’est un accompagnement global, centré sur les besoins de la personne. Nous avons de véritables échanges avec les bénéficiaires, on leur apporte de l’attention. Ce qui rend le métier intéressant ce sont aussi les personnes elles-mêmes qui ont des histoires, des vies très différentes. Cela m’enrichit de partager ces parcours avec elles.
L’accès à la formation est un avantage énorme : de nombreuses formations nous sont proposées et il est aussi possible de faire des demandes spécifiques, selon nos besoins.

Sur l’aspect rémunération, il faut souligner que nous bénéficions de la prime Ségur. C’est une vraie revalorisation. Je peux affirmer que je gagne décemment ma vie pour un travail que je suis très heureuse d’exercer ! »

< Quelle est la place de l’éthique dans votre métier ?

ER : « On sait rester dans notre cadre de travail professionnel. Nous faisons d’ailleurs un travail en groupe d’intervenants pour veiller à bien prendre en compte les règles d’éthique. »
ML : « Elle est hyper importante. On est là tous les jours pour les bénéficiaires, on fait presque partie de la famille mais on ne l’est pas. On apprend à respecter le côté « pro » : vouvoiement, respect des besoins, des habitudes. On n’est pas là pour faire à la place des personnes et encore moins à notre manière, mais pour les aider, les accompagner dans l’accomplissement de toutes leurs activités. »

< Pourquoi avoir choisi de travailler dans une structure publique ?
ER : « Quand on travaille pour un établissement public, on reste sur le territoire de la commune. On a le confort d’avoir moins de déplacements, on est moins fatigué et plus disponible pour les personnes accompagnées. Les astreintes en weekend sont aussi moins nombreuses. »
ML : « La façon d’aborder le métier est tellement respectueuse que l’on y prend goût. Il y a beaucoup d’échanges, de réunions avec les différents intervenants du bénéficiaire, cela permet de partager avec nos pairs, cela nous aide à mieux faire notre métier. L’encadrement au CCAS est de qualité, très humain. Il y a une souplesse dans l’organisation du temps de travail. Les plannings se décident en groupe. On peut se permettre de concilier sans difficultés nos vies professionnelles et personnelles. »

< Que diriez-vous à une personne pour la convaincre de faire le même métier que vous ?
ER : « Il faut aimer les personnes âgées. Ce métier pour moi, c’est l’humain, le social. Ce sont mes valeurs. »
ML : « C’est un métier dans lequel on ne s’ennuie pas, chaque journée est très différente. Même si ce n’est pas le but, le fait d’exercer un travail social fait du bien à l’égo, les retours que l’on a, ne serait-ce que dans les yeux des personnes, sont gratifiants. Quand je rentre le soir j’ai le sentiment d’avoir été utile, aux personnes et à la société. »

Ces interviews ont été réalisées dans le cadre de la campagne de valorisation du métier d’aide à domicile.
Merci à tous les CCAS et CIAS, à toutes les communes qui ont relayé et relaieront encore cette campagne de communication !


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